L'amour fou ...
Les poissons dorés...
Parfois, les textes attendent.
Ils sont là, au fond de la mémoire de mon ordinateur que je visualise, en bonne gourmande, comme une cave pleine de délicieuses choses, confitures, conserves diverses, fruits secs et bons vins.
Parfois, ils attendent même longtemps. Ce n'est pas encore le moment. Chaque chose en son temps. Et puis la rencontre a lieu. La rencontre entre le désir d'un éditeur ou d'une éditrice et les mots que j'ai arrangés, brodés, tricottés pour en faire une histoire.
C'est ce qui s'est passé pour les poissons dorés. J'ai commencé l'écriture de ce texte il y a déjà quelques années, un jour de désespoir en l'humanité. J'avais vu un documentaire sur la grande barrière de corail, sur les conséquences de la surpêche, sur ces énormes bateaux de croisières, stupéfiantes villes flottantes, qui sont de véritables catastrophes écologiques.
Le texte, au début, était trop ardu. Je voulais trop en dire. Il a fallu du travail pour faire émerger ce qui, pour moi, était l'essentiel du propos de cette fable. Sa morale pourrait être, façon marabout-bout d'ficelle : tout ce qui est rare est cher, tout ce qui est cher crée la folie du profit, la folie du profit provoque un déséquilibre dramatique dont nous ne nous remettrons pas...si nous ne faisons rien pour que les choses changent.
La fin s'ouvre sur un espoir que j'ai envie de partager avec chaque petit lecteur, avec chaque petite lectrice: il y a des solutions! A nous de nous mettre au travail !
Marjorie Pourchet a réalisé des images incroyables de finesse et de justesse. On a envie de s'y plonger pour en repérer chaque minuscule détail. Quel voyage, elle nous offre là ! Merci à elle !
Pour découvrir les éditions Akinomé, c'est par ici...
Les rêves d'Ima
Il y a des thèmes qui nous appartiennent jusqu'au plus profond de l'âme. La peur de la nuit en fait partie. ( "voir notre album " pas déjà!) La peur de nos rêves aussi. Que faire de cette émotion-là, de ces terreurs, de ces angoisses? Les analyser quand on est adulte, les comprendre, en trouver la source, les raisons imbriquées dans notre subconscient. Et aussi...en faire des histoires, nourrir l'imaginaire, enrichir la culture de l'humain. C'est le choix de ma petite Ima, courageuse fillette des bords du lac Titicaca. Enracinée dans sa terre, dans sa famille, dans son peuple, elle comprendra que la peur est moteur, à condition de savoir la dépasser et en faire du beau, du lien, de l'espoir.
Depuis le temps que des lecteurs ou lectrices me demandent d'où vient mon inspiration... il fallait bien que je m'y frotte, non ?
Je vous invite à découvrir mon nouvel album publié par Pascale Fontaine, aux éditions Cipango, avec les merveilleuses illustrations de Bertrand Dubois.
Pas déjà !
Les années se suivent et ne se ressemblent pas !
2020 restera dans nos mémoires pour ce qu'elle nous aura volé: notre légèreté, notre insouciance et par bien des façons, notre liberté ...
Mais, très égoïstement, je dois dire qu'elle est aussi pour moi, une année exceptionnelle. Imaginez ! Au cours des deniers mois de cette année maudite, quatre de mes textes seront publiés. Deux le sont déjà d'ailleurs.
D'abord, le troisième volet des aventures des petits personnages que nous avons imaginés, Csil et moi. Après avoir refusé d'aller à la piscine,
puis à l'école
les revoici, butés, boudeurs et effrayés, refusant obstinément d'aller au lit.
Bien sûr, là encore, le lecteur assiste à un festival de mauvaise foi. Qu'on ne s'y trompe pas: il n'y a là qu'humour et tendresse. On ne juge pas, on ne se moque pas. On accompagne. On encourage, On comprend.
On sait bien que ça peut faire peur, cette nuit qui nous enveloppe. On l'a tous vécu, cet instant où la lumière s'éteint et où on doit rassembler tout le courage qu'il faudra pour traverser ces heures sombres et inquiétantes. On se sent trop petit pour tout ça. On se dit qu'on n'y arrivera pas. Les adultes nous comprennent-ils, dans ces moments-là ? Rien n'est moins sûr! Ils n'ont plus peur, eux. Ils savent quoi faire. Ils savent comment chasser les monstres et faire surgir l'espoir.
Mais nous, enfants perdus à l'orée d'une forêt inconnu et terrifiante, nous n'avons que nos larmes et nos appels qui restent souvent sans réponse. Comment faire pour retarder la séparation, repousser la solitude? Je crois qu'il s'agit là d'un de ces lieux merveilleux, au bord de ce gouffre qui menace de nous engloutir, un de ces lieux immémoriaux et humains où l'imagination vient au monde. Et nous voilà, dans notre petit lit, en train d'inventer des histoires! Un monstre dans l'armoire, un rendez-vous avec une copine, un hibou trop curieux.
Et si certains contes et légendes étaient nées de là, justement? Ce ce désir de garder l'autre auprès de soi. De retarder le moment fatal où il faudra faire face à la nuit?
Cet album, bien sûr, est destiné aux petits. Mais j'espère que les adultes y verront le doux miroir de toutes les peurs qui les ont fait grandir et devenir meilleurs.
Quelques mots au sujet des merveilleuses images de ma très chère Csil: douceur, gentillesse, drôlerie et précisions, et tout ça avec une profondeur et une intention si belle que ça me touche au plus profond de l'enfance.
Nous avons passé de longues heures à échanger. Notre étions d'accord sur presque tout, presque toujours. N'est-ce pas un cadeau, cela?
Merci aux éditions Frimousse de nous avoir fait confiance une troisième fois !
Merci pour ce moment !
Ainsi, à l'école Edouard Lacour, à Agen, dans la classe de Nathalie, chaque enfant a pris la peine d'écrire pourquoi il avait avait aimé tel ou tel de mes albums. C'était tendre et joyeux, je dois dire. En voici quelques exemples :
Et puis surtout...
Un livre en bois, je n'avais jamais vu ça !!
A la question posée par la maîtresse " Avec quoi allons-nous faire notre album ? ", les enfants se sont écriés " Comme Tom Schamp ! On n'a qu'à le faire sur du bois".
Là, Julie aurait pu répondre que bon, ça allait être compliqué, qu'on n'avait pas le temps ou je ne sais quelle autre raison logique et rationnelle. Mais non. Ce n'est pas ce qu'elle a répondu. Elle a dit " Chiche !" .
Elle a cherché du bois, appris a se servir d'une scie sauteuse et voilà...
Nous avons posé le livre au milieux des albums pendant les dédicaces. Beaucoup de familles sont venues admirer cet incroyable ouvrage. Fallait voir la fierté des enfants ! Et l'oeil humide de certains parents.
Je suis heureuse que mon travail, notre travail serve à cela : prendre confiance, repousser les limites et dire ce qu'on a sur le coeur.
Notre cerf-volant vole haut...
J'ai de bien jolis souvenirs liés à ce prix puisque notre "livre des peut-être" a été lauréat il y a longtemps. Il parait que, chaque année, 16000 livres jeunesse sont publiés en France. Oui, c'est fou. Sans doute beaucoup trop, d'ailleurs. Alors que cet album soit sélectionné est déjà une opportunité incroyable ! Merci donc aux comités de lecture d'avoir aimé notre petit Toshiro et son histoire.
Pour découvrir l'ensemble de la sélection, c'est par ici :




















