Les années se suivent....

 Et ne se ressemblent pas ! 

2020 restera dans nos mémoires pour ce qu'elle nous aura volé: notre légèreté, notre insouciance et par bien des façons, notre liberté ... 

Mais, très égoïstement, je dois dire qu'elle est aussi pour moi, une année exceptionnelle. Imaginez ! Au cours des deniers mois de cette année maudite, quatre de mes textes seront publiés. Deux le sont déjà d'ailleurs. 

D'abord, le troisième volet des aventures des petits personnages que nous avons imaginés, Csil et moi. Après avoir refusé d'aller à la piscine,


puis à l'école





les revoici, butés, boudeurs et effrayés, refusant obstinément d'aller au lit. 




Bien sûr, là encore, le lecteur assiste à un festival de mauvaise foi. Qu'on ne s'y trompe pas: il n'y a là qu'humour et tendresse. On ne juge pas, on ne se moque pas. On accompagne. On encourage, On comprend. 

On sait bien que ça peut faire peur, cette nuit qui nous enveloppe. On l'a tous vécu, cet instant où la lumière s'éteint et où on doit rassembler tout le courage qu'il faudra pour traverser ces heures sombres et inquiétantes. On se sent trop petit pour tout ça. On se dit qu'on n'y arrivera pas. Les adultes nous comprennent-ils, dans ces moments-là ? Rien n'est moins sûr! Ils n'ont plus peur, eux. Ils savent quoi faire. Ils savent comment chasser les monstres et faire surgir l'espoir. 

Mais nous, enfants perdus à l'orée d'une forêt inconnu et terrifiante, nous n'avons que nos larmes et nos appels qui restent souvent sans réponse. Comment faire pour retarder la séparation, repousser la solitude? Je crois qu'il s'agit là d'un de ces lieux merveilleux, au bord de ce gouffre qui menace de nous engloutir, un de ces lieux immémoriaux et humains où l'imagination vient au monde.  Et nous voilà, dans notre petit lit, en train d'inventer des histoires! Un monstre dans l'armoire, un rendez-vous avec une copine, un hibou trop curieux. 

Et si certains contes et légendes étaient nées de là, justement? Ce ce désir de garder l'autre auprès de soi. De retarder le moment fatal où il faudra faire face à la nuit?

Cet album, bien sûr, est destiné aux petits. Mais j'espère que les adultes y verront le doux miroir de toutes les peurs qui les ont fait grandir et devenir meilleurs. 

Quelques mots au sujet des merveilleuses images de ma très chère Csil: douceur, gentillesse, drôlerie et précisions, et tout ça avec une profondeur et une intention si belle que ça me touche au plus profond de l'enfance. 

Nous avons passé de longues heures à échanger. Notre étions d'accord sur presque tout, presque toujours. N'est-ce pas un cadeau, cela? 

Merci aux éditions Frimousse de nous avoir fait confiance une troisième fois ! 

Merci pour ce moment !

Parfois, il y a des moments de découragements: textes qui échappent et vous filent entre les doigts, textes refusés, incompris, mal compris et puis il y a ces moments où chaque chose, chaque effort, chaque mot, chaque histoire prend la place dont on avait rêvé. Et là, passez moi l'expression, c'est le pied !
Ainsi, à l'école Edouard Lacour, à Agen, dans la classe de Nathalie, chaque enfant a pris la peine d'écrire pourquoi il avait avait aimé tel ou tel de mes albums. C'était tendre et joyeux, je dois dire. En voici quelques exemples :













Et puis surtout...




Et enfin, une mention particulière pour Sarah qui semble avoir tout compris des affres de la création...oui, ma douce, il faut des encouragements !!! 




Un livre en bois, je n'avais jamais vu ça !!

A Lectoure, la classe de CE1de Julie m'a fait une surprise de taille : les élèves se sont inspirés de notre "OUF !" pour réaliser un livre en bois. C'est ce que j'adore chez les enseignants. Ils acceptent parfois d'accompagner les enfants dans des projets improbables.
A la question posée par la maîtresse " Avec quoi allons-nous faire notre album ? ", les enfants se sont écriés " Comme Tom Schamp ! On n'a qu'à le faire sur du bois".
Là, Julie aurait pu répondre que bon, ça allait être compliqué, qu'on n'avait pas le temps ou je ne sais quelle autre raison logique et rationnelle. Mais non. Ce n'est pas ce qu'elle a répondu. Elle a dit " Chiche !" .
Elle a cherché du bois, appris a se servir d'une scie sauteuse et voilà...
Nous avons posé le livre au milieux des albums pendant les dédicaces. Beaucoup de familles sont venues admirer cet incroyable ouvrage. Fallait voir la fierté des enfants ! Et l'oeil humide de certains parents.

Je suis heureuse que mon travail, notre travail serve à cela : prendre confiance, repousser les limites et dire ce qu'on a sur le coeur.





Notre cerf-volant vole haut...

Voilà, voilà... notre album " Le cerf-volant de Toshiro" est sélectionné pour le prix des Incorruptibles sur le niveau CE1, pour 2019/2020.
J'ai de bien jolis souvenirs liés à ce prix puisque notre "livre des peut-être" a été lauréat il y a longtemps. Il parait que, chaque année, 16000 livres jeunesse sont publiés en France. Oui, c'est fou. Sans doute beaucoup trop, d'ailleurs. Alors que cet album soit sélectionné est déjà une opportunité incroyable ! Merci donc aux comités de lecture d'avoir aimé notre petit Toshiro et son histoire.

Pour découvrir l'ensemble de la sélection, c'est par ici :




Un joli printemps s'en vient...

Au cours des trois mois qui viennent, je vais avoir le grand plaisir de rencontrer beaucoup de mes jeunes lecteurs et lectrices ainsi que leurs enseignants, les médiathécaires qui les accueillent et souvent aussi, leurs parents.

Voici quelques dates, pour le cas où, vous qui passez par ici, aimeriez venir me voir par là ...

Les 21 et 22 mars : rencontre à l'école d'Octeville-sur-Mer, près du Havre.

Samedi 23 mars,  matin : dédicace avec Bertrand Dubois, à la librairie La Galerne au Havre.

Les 29 mars, 9 et 12 avril : rencontres à la médiathèque de Montcuq, dans le Lot, pour la restitution du travail réalisé avec les classes.

Les 6 et 7 avril : salon du livre d'Albi. (81)



Le 11 mai : fête du livre de Balma. (31)

Les 17, 18 et 19 mai : Les éclats de lire, Le Vigan ( 30)



Les 23, 24  et 25 mai : salon du livre de Lectoure ( 32)

Les 14, 15 et 16 juin : salon du livre de Champcevinel, près de Périgueux ( 24)

A bientôt donc !! 









Je ne m'en lasse pas !

Notre "Livre des peut-être " est paru en ... pff... il y a plus de 10 ans.
Depuis sa parution, il a fait l'objet de réécritures diverses, variés, ratées, magnifiques, drôlissimes, émouvantes ou poétiques. Il y en a eu tant, qu'on pourrait imaginer que bon, ça va comme ça. Mais non. En réalité, je suis chaque fois épatées par les trouvailles des enfants.
Récemment, j'ai aidé des classes lotoises à écrire de nouveaux peut-être et, vous savez quoi ? nous nous sommes bien amusés !
Les phrases sont formidables et les dessins, je n'en parle même pas. Nous en ferons une présentation d'ici quelques semaines à la médiathèque de Montcuq en Quercy Blanc. Les parents sont invités et j'espère qu'ils vont être admiratifs de tout le travail fourni. Bravo les maîtresse, bravo les enfants et grand merci à la médiathécaire, Nathalie Reversat, qui est à l'origine du projet.
Pour vous faire envie, voici quelques extraits....

















Après les princesses, une gardeuse d'oies !

     Dans la légende familiale, le troupeau d'oies est une figure centrale. Ma mère, quand elle était petite fille, fut encornée par un taureau. Enfin, pas exactement mais je ne connais pas le verbe qui saurait décrire ce qui lui arriva ce jour-là. Le taureau la souleva de terre et l'envoya de l'autre côté du fossé, au milieu des orties. Elle ne fut pas blessées. Le dieu des pâtres et des bergers devait veiller sur elle. Mais mon grand-père décida de ne plus jamais lui confier la garde des vaches. Le taureau l'avait prise en grippe et cela risquait de devenir très dangereux. C'est ainsi que notre petite Thérèse se retrouva en charge du troupeau d'oies. Elle m'a souvent raconté à quel point elle s'ennuyait, au cours de ces longues journées! "Je n'avais pas de livre", me disait-elle. Alors pour se distraire, elle leur nouait des rubans autour du cou, leur donnait des noms, leur parlait en occitan. Ces volailles étaient capricieuses et infidèles. Elles filaient et traversaient la route, au risque de se faire écraser par les rares voitures qui, à cette époque là, sillonnaient le Comminges. Ma mère les poursuivant, les injuriant copieusement en patois au grand plaisir de ses grands frères et grandes sœurs qui se moquaient gentiment d'elle et de ses déboires. Cela me fut souvent raconté par Elise, la sœur aînée de ma mère qui l'imitait de façon drolatique.
J'aime ses souvenirs. Ils font partie de moi. Ils structurent mon imaginaire. Il n'est donc pas étonnant qu'ils figurent aujourd'hui dans une de mes histoires. Après deux albums où il était question de princesses (certes dégourdies et pleines de sagesses), il me paraissait urgent de revenir au peuple, aux gens de la terre. 
Cette gamine-là ressemble à ma mère. Elle ne s'avoue pas vaincue. Elle se bat et avance. 
J'ai dédié l'album à notre Thérèse, en souvenir de ce qu'elle fut et de ce qu'elle nous a légué, d'amour et de courage. 
Je remercie Sophie Lebot, qui, sachant que la présence des oies n'étaient pas anecdotique dans l'histoire, a tenu à les faire figurer sur la couverture. Il y a des gens comme ça...  

Et pour en voir un peu plus, vous pouvez aussi regarder ceci...