Un livre en bois, je n'avais jamais vu ça !!

A Lectoure, la classe de CE1de Julie m'a fait une surprise de taille : les élèves se sont inspirés de notre "OUF !" pour réaliser un livre en bois. C'est ce que j'adore chez les enseignants. Ils acceptent parfois d'accompagner les enfants dans des projets improbables.
A la question posée par la maîtresse " Avec quoi allons-nous faire notre album ? ", les enfants se sont écriés " Comme Tom Schamp ! On n'a qu'à le faire sur du bois".
Là, Julie aurait pu répondre que bon, ça allait être compliqué, qu'on n'avait pas le temps ou je ne sais quelle autre raison logique et rationnelle. Mais non. Ce n'est pas ce qu'elle a répondu. Elle a dit " Chiche !" .
Elle a cherché du bois, appris a se servir d'une scie sauteuse et voilà...
Nous avons posé le livre au milieux des albums pendant les dédicaces. Beaucoup de familles sont venues admirer cet incroyable ouvrage. Fallait voir la fierté des enfants ! Et l'oeil humide de certains parents.

Je suis heureuse que mon travail, notre travail serve à cela : prendre confiance, repousser les limites et dire ce qu'on a sur le coeur.





Notre cerf-volant vole haut...

Voilà, voilà... notre album " Le cerf-volant de Toshiro" est sélectionné pour le prix des Incorruptibles sur le niveau CE1, pour 2019/2020.
J'ai de bien jolis souvenirs liés à ce prix puisque notre "livre des peut-être" a été lauréat il y a longtemps. Il parait que, chaque année, 16000 livres jeunesse sont publiés en France. Oui, c'est fou. Sans doute beaucoup trop, d'ailleurs. Alors que cet album soit sélectionné est déjà une opportunité incroyable ! Merci donc aux comités de lecture d'avoir aimé notre petit Toshiro et son histoire.

Pour découvrir l'ensemble de la sélection, c'est par ici :




Un joli printemps s'en vient...

Au cours des trois mois qui viennent, je vais avoir le grand plaisir de rencontrer beaucoup de mes jeunes lecteurs et lectrices ainsi que leurs enseignants, les médiathécaires qui les accueillent et souvent aussi, leurs parents.

Voici quelques dates, pour le cas où, vous qui passez par ici, aimeriez venir me voir par là ...

Les 21 et 22 mars : rencontre à l'école d'Octeville-sur-Mer, près du Havre.

Samedi 23 mars,  matin : dédicace avec Bertrand Dubois, à la librairie La Galerne au Havre.

Les 29 mars, 9 et 12 avril : rencontres à la médiathèque de Montcuq, dans le Lot, pour la restitution du travail réalisé avec les classes.

Les 6 et 7 avril : salon du livre d'Albi. (81)



Le 11 mai : fête du livre de Balma. (31)

Les 17, 18 et 19 mai : Les éclats de lire, Le Vigan ( 30)



Les 23, 24  et 25 mai : salon du livre de Lectoure ( 32)

Les 14, 15 et 16 juin : salon du livre de Champcevinel, près de Périgueux ( 24)

A bientôt donc !! 









Je ne m'en lasse pas !

Notre "Livre des peut-être " est paru en ... pff... il y a plus de 10 ans.
Depuis sa parution, il a fait l'objet de réécritures diverses, variés, ratées, magnifiques, drôlissimes, émouvantes ou poétiques. Il y en a eu tant, qu'on pourrait imaginer que bon, ça va comme ça. Mais non. En réalité, je suis chaque fois épatées par les trouvailles des enfants.
Récemment, j'ai aidé des classes lotoises à écrire de nouveaux peut-être et, vous savez quoi ? nous nous sommes bien amusés !
Les phrases sont formidables et les dessins, je n'en parle même pas. Nous en ferons une présentation d'ici quelques semaines à la médiathèque de Montcuq en Quercy Blanc. Les parents sont invités et j'espère qu'ils vont être admiratifs de tout le travail fourni. Bravo les maîtresse, bravo les enfants et grand merci à la médiathécaire, Nathalie Reversat, qui est à l'origine du projet.
Pour vous faire envie, voici quelques extraits....

















Après les princesses, une gardeuse d'oies !

     Dans la légende familiale, le troupeau d'oies est une figure centrale. Ma mère, quand elle était petite fille, fut encornée par un taureau. Enfin, pas exactement mais je ne connais pas le verbe qui saurait décrire ce qui lui arriva ce jour-là. Le taureau la souleva de terre et l'envoya de l'autre côté du fossé, au milieu des orties. Elle ne fut pas blessées. Le dieu des pâtres et des bergers devait veiller sur elle. Mais mon grand-père décida de ne plus jamais lui confier la garde des vaches. Le taureau l'avait prise en grippe et cela risquait de devenir très dangereux. C'est ainsi que notre petite Thérèse se retrouva en charge du troupeau d'oies. Elle m'a souvent raconté à quel point elle s'ennuyait, au cours de ces longues journées! "Je n'avais pas de livre", me disait-elle. Alors pour se distraire, elle leur nouait des rubans autour du cou, leur donnait des noms, leur parlait en occitan. Ces volailles étaient capricieuses et infidèles. Elles filaient et traversaient la route, au risque de se faire écraser par les rares voitures qui, à cette époque là, sillonnaient le Comminges. Ma mère les poursuivant, les injuriant copieusement en patois au grand plaisir de ses grands frères et grandes sœurs qui se moquaient gentiment d'elle et de ses déboires. Cela me fut souvent raconté par Elise, la sœur aînée de ma mère qui l'imitait de façon drolatique.
J'aime ses souvenirs. Ils font partie de moi. Ils structurent mon imaginaire. Il n'est donc pas étonnant qu'ils figurent aujourd'hui dans une de mes histoires. Après deux albums où il était question de princesses (certes dégourdies et pleines de sagesses), il me paraissait urgent de revenir au peuple, aux gens de la terre. 
Cette gamine-là ressemble à ma mère. Elle ne s'avoue pas vaincue. Elle se bat et avance. 
J'ai dédié l'album à notre Thérèse, en souvenir de ce qu'elle fut et de ce qu'elle nous a légué, d'amour et de courage. 
Je remercie Sophie Lebot, qui, sachant que la présence des oies n'étaient pas anecdotique dans l'histoire, a tenu à les faire figurer sur la couverture. Il y a des gens comme ça...  

Et pour en voir un peu plus, vous pouvez aussi regarder ceci...


Et si on partait en voyage ?

Mon prochain album va sortir en librairie le 27 septembre 2018, aux éditions Cipango. Il a été illustré par Bénedicte Némo.  Et si je vous en disais quelques mots ?

Il y a longtemps, j'ai vu un formidable reportage sur l'équipe olympique du Bhoutan. Du quoi ? Du Bhoutan. Ah, oui, je vois, vous ne connaissez pas ce pays, c'est ça ? Rassurez-vous, vous êtes nombreux dans ce cas. Alors, pour commencer, un peu de géographie :


Cette carte, dessinée par Bénédicte, figurera en fin d'album pour aider nos jeunes lecteurs ( et les adultes qui les accompagnent) à prendre quelques repères. 


A cette occasion, j'ai appris que le tir à l'arc était, là-bas, le sport national. Aussitôt, une petite lumière s'est allumée. Vous savez, celle qui fait que je me dis: " Ah, tiens, c'est drôlement intéressant, ça...". 
J'ai aussitôt commencé mes recherches et j'ai découvert un petit livre formidable écrit par une chercheuse du CNRS, Françoise Pommaret. ( Le Bhoutan, au plus secret de l'Himalaya, Découvertes Gallimard) 

J'ai également feuilleté un guide de voyage dont j'ai oublié les références mais qui fut pourtant déterminant: l'auteur y décrivait l'entrée d'un village de montagne ( enfin, au Bhoutan, tous les villages sont forcément de montagne) et précisait qu'il fallait être prudent parce qu'à cet endroit, le chemin longeant un champ d'entrainement au tir à l'arc, il arrivait qu'une flèche s'égare. 
Il n'en fallait pas plus, comme disent les journalistes. 
J'ai donc écrit mon histoire. J'ai correspondu avec Françoise Pommaret qui a eu la gentillesse de la lire pour valider tout ce qui concernait la vie quotidienne et les aspects "ethnographique". Son regard m'a été extrêmement précieux. 
L'histoire s'est d'abord appelée " Kousouzangpo", formule de salutation traditionnelle, puis " Lune et Soleil", du nom de mes deux héros puis enfin " Le masque de la montagne blanche". 




Il s'agit d'un conte initiatique: deux enfants, des jumeaux, doivent quitter leur famille ... ( Ah, non, je ne vais pas tout vous raconter, hein, il faudra lire l'album, non, mais...)

Quand je l'ai écrit, le mot bienveillance n'avait pas encore été galvaudé par un courant de pensée nunuche qui a envahi les media. Il s'agissait simplement de dire que les adultes soutiennent les enfants dans la conquête de leur autonomie sans les brider ni les protéger à l'excès. C'est de cela qu'il est question. De ça, mais aussi de responsabilité, de bonté et d'espoir. 
Le texte a dormi dans la mémoire de mon ordinateur pendant plusieurs années et un jour, Pascale Fontaine, fondatrice  des éditions Cipango, m'a demandé si je n'aurais pas un texte pour elle. Et voilà...

Les images de Bénédicte Némo sont à la fois profondes et précises, documentées et humaines. La fresque qui clôt le conte est éblouissante. 



On la croirait réellement peinte par Yeshé, le petit moine par qui tout est arrivé. J'aime à penser que nos jeunes lecteurs prendront plaisir à y retrouver tous les détails, tous les épisodes de l'histoire et pourront ainsi la raconter avec leurs mots, avec leur cœur. 

Une fois de plus, après l'Afrique de l'Est, le Sahara, le Japon, la Yunnan, la Mongolie, je les entraîne à la découverte d'enfants d'ailleurs. Histoire de faire un pas de côté, de voir le monde avec d'autres yeux, d'autres perspectives. Et franchement, changer de perspective, c'est ce qui est le plus urgent, non ? 

Le 27 septembre, c'est bientôt ! 



On ne crée pas à partir de rien ...

... surtout quand on est petit !
A Mirande, les organisatrices du salon ont donc eu une idée dont j'ai envie de vous parler.
Elles m'ont demandé de choisir 7 groupes de mots dans le texte de mon dernier album paru, Le cerf-volant de Toshiro. (7 parce que c'était le septième anniversaire du salon)

Voici ceux que je leur ai proposés:

Une belle journée
Regarder le ciel
Flaque d'eau
Le banc de bois
Les ombrelles des dames
Encre de Chine
Un cerf-volant

Sur la couverture provisoire de l'album, elles ont également choisi 7 "morceaux"... ( car tout ce travail a eu lieu avant la sortie de l'album !)



Deux classes se sont mises au travail et voici leurs productions. Stéphane et moi avons été bluffés...

Les CM de la classe Philippe Cazaux, à Mirande :











Et les élèves de la classe de Julie Prat, à Labejan









J'ai demandé aux élèves ce que ça leur avait fait de vivre cette expérience d'écriture et nous avons eu la plus belle réponse qui soit. Une petite Ambre nous a répondu : 

Ça  nous a fait vibrer l'imaginaire ! "