Après les princesses, une gardeuse d'oies !

     Dans la légende familiale, le troupeau d'oies est une figure centrale. Ma mère, quand elle était petite fille, fut encornée par un taureau. Enfin, pas exactement mais je ne connais pas le verbe qui saurait décrire ce qui lui arriva ce jour-là. Le taureau la souleva de terre et l'envoya de l'autre côté du fossé, au milieu des orties. Elle ne fut pas blessées. Le dieu des pâtres et des bergers devait veiller sur elle. Mais mon grand-père décida de ne plus jamais lui confier la garde des vaches. Le taureau l'avait prise en grippe et cela risquait de devenir très dangereux. C'est ainsi que notre petite Thérèse se retrouva en charge du troupeau d'oies. Elle m'a souvent raconté à quel point elle s'ennuyait, au cours de ces longues journées! "Je n'avais pas de livre", me disait-elle. Alors pour se distraire, elle leur nouait des rubans autour du cou, leur donnait des noms, leur parlait en occitan. Ces volailles étaient capricieuses et infidèles. Elles filaient et traversaient la route, au risque de se faire écraser par les rares voitures qui, à cette époque là, sillonnaient le Comminges. Ma mère les poursuivant, les injuriant copieusement en patois au grand plaisir de ses grands frères et grandes sœurs qui se moquaient gentiment d'elle et de ses déboires. Cela me fut souvent raconté par Elise, la sœur aînée de ma mère qui l'imitait de façon drolatique.
J'aime ses souvenirs. Ils font partie de moi. Ils structurent mon imaginaire. Il n'est donc pas étonnant qu'ils figurent aujourd'hui dans une de mes histoires. Après deux albums où il était question de princesses (certes dégourdies et pleines de sagesses), il me paraissait urgent de revenir au peuple, aux gens de la terre. 
Cette gamine-là ressemble à ma mère. Elle ne s'avoue pas vaincue. Elle se bat et avance. 
J'ai dédié l'album à notre Thérèse, en souvenir de ce qu'elle fut et de ce qu'elle nous a légué, d'amour et de courage. 
Je remercie Sophie Lebot, qui, sachant que la présence des oies n'étaient pas anecdotique dans l'histoire, a tenu à les faire figurer sur la couverture. Il y a des gens comme ça...  

Et pour en voir un peu plus, vous pouvez aussi regarder ceci...


Et si on partait en voyage ?

Mon prochain album va sortir en librairie le 27 septembre 2018, aux éditions Cipango. Il a été illustré par Bénedicte Némo.  Et si je vous en disais quelques mots ?

Il y a longtemps, j'ai vu un formidable reportage sur l'équipe olympique du Bhoutan. Du quoi ? Du Bhoutan. Ah, oui, je vois, vous ne connaissez pas ce pays, c'est ça ? Rassurez-vous, vous êtes nombreux dans ce cas. Alors, pour commencer, un peu de géographie :


Cette carte, dessinée par Bénédicte, figurera en fin d'album pour aider nos jeunes lecteurs ( et les adultes qui les accompagnent) à prendre quelques repères. 


A cette occasion, j'ai appris que le tir à l'arc était, là-bas, le sport national. Aussitôt, une petite lumière s'est allumée. Vous savez, celle qui fait que je me dis: " Ah, tiens, c'est drôlement intéressant, ça...". 
J'ai aussitôt commencé mes recherches et j'ai découvert un petit livre formidable écrit par une chercheuse du CNRS, Françoise Pommaret. ( Le Bhoutan, au plus secret de l'Himalaya, Découvertes Gallimard) 

J'ai également feuilleté un guide de voyage dont j'ai oublié les références mais qui fut pourtant déterminant: l'auteur y décrivait l'entrée d'un village de montagne ( enfin, au Bhoutan, tous les villages sont forcément de montagne) et précisait qu'il fallait être prudent parce qu'à cet endroit, le chemin longeant un champ d'entrainement au tir à l'arc, il arrivait qu'une flèche s'égare. 
Il n'en fallait pas plus, comme disent les journalistes. 
J'ai donc écrit mon histoire. J'ai correspondu avec Françoise Pommaret qui a eu la gentillesse de la lire pour valider tout ce qui concernait la vie quotidienne et les aspects "ethnographique". Son regard m'a été extrêmement précieux. 
L'histoire s'est d'abord appelée " Kousouzangpo", formule de salutation traditionnelle, puis " Lune et Soleil", du nom de mes deux héros puis enfin " Le masque de la montagne blanche". 




Il s'agit d'un conte initiatique: deux enfants, des jumeaux, doivent quitter leur famille ... ( Ah, non, je ne vais pas tout vous raconter, hein, il faudra lire l'album, non, mais...)

Quand je l'ai écrit, le mot bienveillance n'avait pas encore été galvaudé par un courant de pensée nunuche qui a envahi les media. Il s'agissait simplement de dire que les adultes soutiennent les enfants dans la conquête de leur autonomie sans les brider ni les protéger à l'excès. C'est de cela qu'il est question. De ça, mais aussi de responsabilité, de bonté et d'espoir. 
Le texte a dormi dans la mémoire de mon ordinateur pendant plusieurs années et un jour, Pascale Fontaine, fondatrice  des éditions Cipango, m'a demandé si je n'aurais pas un texte pour elle. Et voilà...

Les images de Bénédicte Némo sont à la fois profondes et précises, documentées et humaines. La fresque qui clôt le conte est éblouissante. 



On la croirait réellement peinte par Yeshé, le petit moine par qui tout est arrivé. J'aime à penser que nos jeunes lecteurs prendront plaisir à y retrouver tous les détails, tous les épisodes de l'histoire et pourront ainsi la raconter avec leurs mots, avec leur cœur. 

Une fois de plus, après l'Afrique de l'Est, le Sahara, le Japon, la Yunnan, la Mongolie, je les entraîne à la découverte d'enfants d'ailleurs. Histoire de faire un pas de côté, de voir le monde avec d'autres yeux, d'autres perspectives. Et franchement, changer de perspective, c'est ce qui est le plus urgent, non ? 

Le 27 septembre, c'est bientôt ! 



On ne crée pas à partir de rien ...

... surtout quand on est petit !
A Mirande, les organisatrices du salon ont donc eu une idée dont j'ai envie de vous parler.
Elles m'ont demandé de choisir 7 groupes de mots dans le texte de mon dernier album paru, Le cerf-volant de Toshiro. (7 parce que c'était le septième anniversaire du salon)

Voici ceux que je leur ai proposés:

Une belle journée
Regarder le ciel
Flaque d'eau
Le banc de bois
Les ombrelles des dames
Encre de Chine
Un cerf-volant

Sur la couverture provisoire de l'album, elles ont également choisi 7 "morceaux"... ( car tout ce travail a eu lieu avant la sortie de l'album !)



Deux classes se sont mises au travail et voici leurs productions. Stéphane et moi avons été bluffés...

Les CM de la classe Philippe Cazaux, à Mirande :











Et les élèves de la classe de Julie Prat, à Labejan









J'ai demandé aux élèves ce que ça leur avait fait de vivre cette expérience d'écriture et nous avons eu la plus belle réponse qui soit. Une petite Ambre nous a répondu : 

Ça  nous a fait vibrer l'imaginaire ! "


Quand on aime, on ne compte pas...les blogs...

Les blogueurs et blogueuses semblent aimer notre album. Quelques jolies critiques à lire par ici... ( on clique !)

et encore ici ( on re-clique) 

et encore ici ( on re-re- clique)

et encore par ( allez, allez, on clique encore! ), le blog de Karine Fléjo où on peut lire par exemple, ces quelques lignes qui font chaud au coeur...

 " Ce livre est un gros coup de coeur! ❤ J’ai succombé à la poésie de l’histoire, à la relation si belle qui unit Toshiro et Satô. A la force de leurs sentiments. Des êtres écorchés par la vie, qui vont puiser dans la force de leurs liens de quoi déplacer des montagnes. Un livre à offrir absolument à vos chères têtes blondes!" 

Merci ...

Le cerf-volant de Toshiro...



Je vous propose un petit tour dans un jardin japonais en compagnie de Toshiro et de son grand-père...

Ohé !!

Je fais rarement cela, mais aujourd'hui hop ! Je vous livre un texte.
Je l'ai écrit dans le cadre d'un travail en partenariat avec la médiathèque de Mondonville grâce à Sylvaine Attal, comédienne et metteuse en scène. Il s'agissait d'ateliers d'art dramatique et d'écriture autour de l'opération la caravane des dix mots. C'était joyeux, intergénérationnel et créatif. Je me suis prêtée à l'exercice parce qu'après tout, c'est pas tout de faire écrire les autres, pas vrai ?

Le mot proposé était : Ohé ! et le thème : pareil/ pas pareil

Rencontre

Numéro 1
Ohé !
Numéro 2
Hého !
Numéro 1
Ohé !
Numéro 2
Oui, bon, ça va ! J’ai compris ! Hého !
Numéro 1
Comment ça, hého ? C’est quoi cette façon interpeller quelqu’un ?
Numéro 2
Mais je n’interpelle personne, moi ! C’est vous qui criez «  ohé » ! C’est ridicule ohé ! Personne ne dit ça !
Numéro 1
Comment ça, c’est ridicule ? C’est vous qui dites n’importe quoi ! Quand on appelle quelqu’un, on dit «  Ohé » !
Numéro 2
Mais pas du tout ! Où êtes-vous allé chercher ça ? On dit «  hého » ! Voilà ce qu’on dit !
Numéro 1
Bon, on ne va pas en venir aux mains pour ça, hein... Après tout, Ohé ou hého, c’est pareil.
Numéro 2
Ah mais pardon ! Mais pas du tout, du tout ! Y’en a un qui est à l’envers et un qui est à l’endroit. C’est comme marcher la tête en bas. C’est dingue que vous ne vous en rendiez-pas compte ! J’en reviens pas !
Numéro 1
Ohé, c’est à l’endroit et hého, c’est à l’envers !
Numéro 2
Mais n’importe quoi, enfin ! C’est l’inverse, voyons !
Numéro 1
C’est ce que je dis...
Numéro 2
Non, vous n’écoutez pas ! Je prétends, moi, que c’est hého qui est à l’endroit !
Numéro 1
Bon, je sens qu’on va pas réussir à s’entendre sur ce coup-là...
Numéro 2
J’en ai bien peur en effet !
Numéro 1
Désolé, je crois que je me suis un peu énervé...
Numéro 2
C’est pas grave ! On est tous un peu à cran, en ce moment.
Numéro 1
Ne m’en parlez pas !
Numéro 2
Au fait, pourquoi vous m’appeliez ?
Numéro 1
Moi ? Mais je ne vous appelais pas !
Numéro 2
Comment ça, vous ne m’appeliez pas !?
Numéro 1
Ben non, je répétais mon texte pour samedi.
Numéro 2
Y’a quoi, samedi ?
Numéro 1

C’est malin ! Avec vos histoires, là, j’ai oublié... Y’a un truc à la médiathèque de Mondonville. Mais quoi ? 


Bientôt !

Le 8 mars 2018, vous découvrirez mon nouvel album, illustré par Stéphane Nicolet, l'histoire tendre d'un petit garçon et de son grand-père...



Je vous en dis plus dans quelques jours...