Saint-Orens, le retour !!!

Fin janvier 2012, je serai à Saint-Orens, près de Toulouse pour le festival du livre de jeunesse. Le titre, « Les pieds dans le plat », a inspiré l'ami Zaü qui a signé l'affiche de cette année.

Les participants tenteront de répondre à une question qui intéresse tous les acteurs de la littérature de jeunesse : La litté jeunesse peut-elle parler de tout ?
Evidemment, une question à laquelle on ne peut répondre que par OUI ou NON, n'est peut-être pas la plus indiquée. On pourrait peut-être poser les choses autrement : essayons....
Comment parler de la violence dans la littérature de jeunesse?
Comment parler de la pauvreté, de solitude, de l'amour, de la séparation, de la maladie, de la mort ???
On ne poserait pas la question concernant le cinéma, le théâtre, la peinture, la littérature ...mais quand il s'agit d'enfants, on réfléchit, on s'inquiète. C'est normal.
Les adultes qui parlent aux enfants ont une responsabilité...ils doivent avoir du talent. La question n'est pas ce qu'on peut ou non aborder mais la façon dont on traite tel ou tel sujet. Certains livres "bien-pensants" font du mal parce qu’ils trimbalent en eux une culpabilité latente qui oppresse inutilement les jeunes lecteurs. J'ai des titres en tête...Ces albums-là, je le parierais, ne sont-là que pour soulager à bon compte la conscience des adultes. Ils ne disent rien aux enfants. Ils ne peuvent rien en faire. Cela les rend tristes, leur brouille le monde, les rend craintifs. Je n'aime pas ces albums-là. Je ne les ai pas lus à mes élèves, je ne les ai pas lus à mes enfants et je ne les lirai pas à mes petits enfants.
Les livres sont faits pour  accompagner l’enfant dans sa découverte de la vie. Ils sont des miroirs tendus vers le monde. Comme en photographie, il est donc ici question de cadrage,de distance, d'éclairage, d'angle,de mise au point.Un livre ne doit ni pièger, ni contraindre. Certains textes de littérature de jeunesse manquent de pudeur. Au lieu de suggérer, d'effleurer, ils jettent à la tête de l’enfant une vision du monde toute faite, à base de pitié et de mièvrerie. Je ne mange pas de ce pain-là. On peut sans doute tout aborder MAIS pas n’importe comment.
Jérôme Bruner a écrit un petit ouvrage magnifique intitulé « Pourquoi nous racontons-nous des histoires? ». Je vous le recommande.
Tout ça pour dire que ce festival s’annonce des plus intéressants…
On s’y verra ?

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