De la solitude de l'autrice... ou pas...

On est bien seule quand on écrit. 

Oh, bien sûr, il y a nos personnages. Ils nous accompagnent, c'est vrai, nous emmènent parfois dans des coins perdus de nous-mêmes, et cela y compris quand nous écrivons pour les tout petits. Il arrive que nos personnages nous guident, nous indiquent les chemins où ils aimeraient se perdre. Mais nous sommes seuls aux manettes. Nous sommes le capitaine Nemo de notre sous-marin. Et quand nous fermons notre ordinateur, personne ne nous console, personne ne nous encourage, personne ne nous félicite. On envoie notre travail à une maison d'édition et on attend...

Je me suis souvent demandé ce que cela ferait d'écrire à deux ou à plusieurs. Il y a longtemps, j'ai connu cette expérience dans l'atelier que je fréquentais. C'est là que j'ai découvert en quoi consiste cette mystérieuse négociation autour du texte : Ce que j'accepte de modifier sans difficulté parce qu'au fond, cela n'a pas d'importance ou au contraire, ce sur quoi je ne veux pas lâcher. Ce sont certains détails qui recèlent en réalité tout l'enjeu du texte que je n'avais pas forcément identifié jusque là. Ces petites choses semées au vent du récit, qui lui donnent son ossature. Mais à l'époque, les situations que les animateurs de l'atelier nous proposaient n'étaient que des exercices, c'est bien normal. Des gammes indispensables à délier notre imaginaire mais qui n'avaient pas grand chose de personnel. 

Trente ans après, alors que j'ai pris mes habitudes d'écriture, mes tics même sans doute, je croyais que je ne pourrais plus écrire avec quelqu'un. Cela dépendrait peut-être du quelqu'un en question, vous me direz, et vous auriez peut-être raison. Mais c'est une activité qui reste, à mes yeux, profondément solitaire. J'ai l'impression que je me lasserais de cette négociation, justement. Je la pratique souvent déjà avec les éditeurs ou éditrices et cela me suffit. On s'y agace, on s'y use parfois. C'est surtout avec moi-même que j'aime entrer en discussion. Et dieu sait si cela peut être douloureux pourtant. Je parle souvent de cela aux adultes ou enfants qui m'interrogent. C'est un peu comme si j'avais un Jiminy Cricket perché sur l'épaule qui pointerait son parapluie vers mon écran et me demanderait en soulevant son chapeau: " Il est indispensable, cet adjectif ?" ou, plus grave : " Il sert à quoi, ce texte, au fond ?"


Et puis voilà qu' il y a deux ans environ, mon ami Régis Lejonc (qui a illustré deux de mes albums), me propose une chose folle. Je dis chose, parce qu'à ce moment là, je ne savais pas comment nommer ce dont il est question ici. En résumé: nous serions 9 auteurs et autrices et chacun-chacune aurait à écrire la vie d'une princesse, une fillette-fille-femme sans cesse réincarnée en quelque sorte. Les lieux, les époques étaient donnés, ainsi qu'une image, belle l'image, vous vous en doutez, vu le talent de l'artiste. 

Ma mission ( et je l'a acceptée) : écrire un conte qui constitue le point de départ de notre album, qui introduise, les autres vies de notre héroïne.
L'image montrait une silhouette effrayante, un homme-chat mystérieux, une jeune femme attendrie et ... un bébé !



Mais pour que mes compagnes et compagnons d'écriture puissent faire revivre cette petite princesse, il fallait la faire mourir. Bien triste tâche pour l'autrice que je suis ! J'ai déjà connu cette angoisse. Parler de mort aux enfants... Jamais simple mais indispensable...

C'est inouï d'écrire en frissonnant, je vous assure. Ecrire en ayant peur pour son personnage. D'autant qu'à ce moment là, je ne savais rien encore des autres histoires, celles que Annie Agopian, Fred Bernard, Anne Cortey, Alex Cousseau, Anne Jonas, Henri Meunier, Cécile Roumiguière et Thomas Scotto écrivaient de leur côté.

Nous avons écrit puis nous nous nous sommes retrouvés... et pas n'importe où! Chez François Mauriac, ou du moins, en son chalet de St Symphorien, transformé par la Région en résidence d'artiste. Nous avons ri, cuisiné, chanté mais surtout travaillé.

Je ne suis pas près d'oublier mon trac au moment de lire mon histoire à haute voix. Tout le monde autour de cette grande table, écoutant, concentrés, le texte sous les yeux, le stylo à la main... Et mon soulagement, de découvrir, en relevant la tête, les visages souriants de toute l'équipe.
Nous nous sommes dit, en toute franchise, avec beaucoup de douceur et de gentillesse, de fermeté même parfois, ce que nous pensions du travail des uns et des autres. Et j'ai adoré. Adoré entendre, adoré formuler... critiques, réserves ou suggestions. Mais j'ai surtout aimé cet incroyable exercice d'admiration mutuelle auquel nous nous sommes livrés.
Je sais maintenant que les neuf vies de Gaya sont bien extraordinaires. Et cela me bouleverse.
Quel voyage dans le temps, quelles aventures... Ah oui, tiens, c'est peut-être ce mot là que je cherchais : AVENTURE !

Merci Régis de m'avoir enrôlée dans ta belle troupe ! Et merci à Little Urban de nous accompagner avec autant de professionnalisme et de générosité.

Reste maintenant à faire vivre ce magnifique album.

Pour en savoir plus sur le projet et surtout, pour le soutenir, on clique sur l'image !! 


MERCI !











Ce n'est pas si simple...

 A Bruges, près de Bordeaux, j'ai rencontré des classes qui ont travaillé sur Bagdan et la louve aux yeux d'or. J'avais conseillé aux maîtresses de travailler sur les émotions ( voir article ci-dessous). Elles avaient peu de temps, la situation sanitaire complique beaucoup les choses dans les écoles. 

Et savez-vous ce que ces élèves ont découvert ? D'abord qu'un même passage du texte ne réveille pas forcément les mêmes émotions chez chacun d'entre nous. Comment en sont-ils venus à cette conclusion? La maîtresse leur a demandé de dessiner un passage du texte qui les a touché-e-s. Elle leur a ensuite proposé de poser leur dessin sur une affiche ( sérénité, peur, soulagement, inquiétude etc...). Ils on ensuite débattu de leurs choix. Ce que j'en ai entendu lors de ma visite était passionnant. Un même passage figure sur plusieurs affiches ! Certains étaient heureux de la rencontre entre Bagdan et la louve, mais beaucoup avaient très peur de ce qui allait se passer. 

Autre découverte : les émotions, les sentiments sont parfois ambigus, complexes. On ne peut pas leur coller une seule étiquette. Un lecteur peut être à la fois soulagé mais quand même encore inquiet pour un personnage. Heureux que l'histoire se termine bien mais éprouver regret ou tristesse, notamment ici parce que la louve a été tuée. 

Je trouve cela particulièrement fort. Chacun, chacune, colore un texte de ses propres attentes, de son propre vécu. Chacun, chacune déploie le texte à sa façon, lui donne une nuance qui lui est toute personnelle. Une nouvelle façon d'affirmer encore et encore qu'un texte n'est rien sans la force que lui confère le lecteur, la lectrice. L'interprétation d'un texte n'est pas univoque. Bien sûr, il peut y avoir des contresens mais globalement, chaque enfant qui entre dans un texte va y choisir son chemin et il en a le droit. J'offre un paysage, je le tisse, l'organise, j'y sème des cailloux, des indices mais le lecteur est seul maître de ce qu'il y cherche et de ce qu'il y trouvera. Et c'est très bien comme ça ! 


Pour le plaisir des yeux, voici quelques dessins ...














Du côté des ados...

 Je ne pensais pas que cela arriverait un jour, mais voilà, je l'ai fait. J'ai enfin écrit un texte destiné aux ados. Entre 13 et 90 ans, je dirais, puisqu'il faut toujours donner une fourchette d'âge. 




La falaise raconte un été bien particulier dans la vie de Charlotte, un de ces étés qui vous changent à jamais. Un article du  journal local précipite sa famille dans une tourmente inattendue. Quand elle était enfant, Rose, la mère de Charlie a été abusée par son professeur de violon. 

On m'a demandé pourquoi j'avais fait de mon héroïne un témoin et non la victime. Tout est là. Ce choix, je l'assume et je suis très touchée que les éditions du Muscadier aient compris cette volonté. J'en ai déjà parlé sur ce blog, quand on raconte, tout est question de cadrage, de regard. J'avais envie de me mettre dans la tête d'une jeune fille de quinze ans qui découvre la violence d'un prédateur mais aussi l'irresponsabilité et l'inconséquence de certains adultes. Car enfin, pourquoi ceux qui savaient n'ont-ils rien dit ? C'est sa colère à elle qui m'intéressait. Ses hésitations, ses erreurs.  

Charlie est amoureuse de Pablo. Il est beau, tendre, pas macho pour deux sous. Ils se retrouvent sur la falaise et c'est un doux plaisir.  Mais leur relation va être secouée par tout ça.  Il va falloir s'accrocher. S'aimer. Beaucoup. Etre solidaires et courageux. 

Et quand, une nuit, la falaise s'effondre, Charlie comprend que rien ne sera plus comme avant. Son paysage intérieur a subi un cataclysme. Elle en sait désormais beaucoup plus sur la vie, sur les gens et surtout sur elle-même. Mais elle a dû payer le prix. 

De juin à Septembre, elle passera par toutes sortes de sentiments, toutes sortes d'émotions. Elle enrage, se révolte, culpabilise et quand la mort rode, elle découvre une peur encore inconnue, une peur de grande personne. 

Quand j'étais enfant, je me souviens de la colère que j'éprouvais quand ma mère me racontait comment elle avait été traitée par certains de ses employeurs. J'aurais voulu leur hurler ma haine. Ils avaient fait ça à ma mère ! Et pourtant, ce n'était rien comparé à ce qu'a subi Rose. C'est ce sentiment que j'ai voulu exprimer dans mon texte. Ce sentiment que j'ai installé dans le coeur de Charlie. Etre impuissante quand la révolte bouillonne en vous, c'est quelque chose ! Ca vous trace des chemins, ça vous bâtit des murs. Il en faut des murs, parfois, ça protège. Mais après, il faut avoir la force d'abattre ceux qui sont de trop, ceux qui vous empêchent d'avancer, qui vous cachent la beauté du monde. C'est un sacré pari de savoir faire la différence entre les murs dont on a besoin et ceux qui sont toxiques. Ca peut prendre une vie. 

J'espère que mes jeunes lecteurs et lectrices aimeront Charlie et Pablo. Moi, je les chéris de tout mon coeur. 

J'ai dédié ce livre à celles qui ont parlé et à celles qui se sont tues. Bien entendu...

Merci à Bruno Courtet, directeur des éditions du Muscadier et à Christophe Léon, directeur de la collection " Rester vivant ". Oui, merci. 


Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer sur ce lien  et découvrir les premières pages. Allez, hop ! 

 


Que d'émotions !

 Récemment, j'ai pris conscience d'une chose essentielle. Enfin, quand je dis que j'en ai pris conscience, c'est sans doute exagéré, comme formulation. Ce que je veux dire, c'est que cette réalité que je pressentais, dont je rêvais même, eh bien je l'ai touchée du doigt. Voilà, cela tient en une phrase : ce que j'écris procure des émotions. 

Oui, je sais, ça parait bêta mais même si je m'applique à faire entrer les lecteurs et les lectrices dans la peau de mes personnages, même si je tente de les mettre un peu sur le grill, si je les perds dans des déserts ou des montagnes, si je les mets face à des réalités difficiles, effrayantes ou cocasses, même si cela occupe une part essentielle de ma vie, rares sont les enfants qui ont su l'exprimer de façon claire. Forcément, au fil du temps, j'ai entendu des " ça m'a fait peur" ou " ça m'a donné envie de pleurer", ou des " qu'est ce qu'on a ri!". Mais rares sont les classes qui ont trouvé un terme générique à tout cela. Rares sont celles et ceux qui ont prononcé ou écrit le mot " émotion". 

A la Magdelaine sur Tarn, les classes de CP et de CE1 ( oui, oui, ils ne sont pas grands !) ont lu plusieurs de mes albums et ont tenté de mettre des mots sur ce qu'ils ont ressenti. Cela a donné lieu à la production d'affiches qu'ils m'ont présenté avec beaucoup de ferveur. Quand on parle émotions, on parle de soi, on parle de ce qui se passe lors de la lecture, au plus profond de son être. On parle d'âme, de choix, de lien, d'amour, de tendresse. C'est à la fois fort et doux. et ce qui m'a bouleversée, c'est qu'ils ont posé comme postulat que je l'avais fait exprès. Que c'était voulu. Que ça ne devait rien au hasard. Que c'était mon travail, mon écriture qui les avait amené-e-s là, sur ce terrain aussi fertile qu'inquiétant. 

Que cette expérience en fasse de bons lecteurs, de fines lectrices ! Je le souhaite du fond du coeur ! Que ces émotions découvertes et nommées fassent d'eux, fassent d'elles, des humains empathiques et curieux des autres. Si je pouvais, ne serait-ce qu'un peu, par mes textes, les mener à cela, je n'aurais pas écrit pour rien.








Dans ces classes, les enfants ont tenté d'élucider ce qu'ils appellent " les messages", ce que j'ai essayé de leur dire. Par exemple, concernant les rêves d'Ima. 




Une petite fille de 7 ans prend la parole : 

- Nous avons compris, que dans cet album, votre message est qu'il faut que chacun trouve son chemin. 

J'écoute, un peu tremblante. Je remarque les yeux humides de la maîtresse. 

- Oui, dis-je. Tu m'as bien lue. 

- Alors, j'ai une question à vous poser...

- Je t'écoute.

- Et vous? Avez-vous trouvé votre chemin? 

Je ne me souviens plus vraiment ce que j'ai répondu. J'ai parlé du chemin qui m'avait mené jusqu'à elle. Il y avait dans l'air comme un bonheur partagé. Je n'oublierai jamais cette classe, cette question, cette fillette.

Merci. 

Tentez votre chance !

 ATTENTION ! Le tirage au sort a déjà eu lieu... Le concours est donc terminé... 


Voici un petit concours en forme de course au trésor pour gagner mes 4 derniers albums. 

Pour participer, il suffit de se promener dans les pages de ce blog et de reconstituer une phrase. 

Comment ? En retrouvant les 12 mots surlignés en jaune. 

Vous m'envoyez la phrase par mail ou sur mon profil Facebook. Et hop ! 

Je procèderai à un tirage au sort entre les participant-e-s ! 


BONNE CHANCE !! 








Un voyage immobile...




Le journal Libération publie aujourd'hui, 2 décembre 2020 un article écrit par Olivier Ka, au sujet de notre album " les rêves d'Ima". 
Il y est question de textes papillons qu'on capture au lointain et de textes qui émergent des tréfonds de soi. 
Olivier dit ici, avec ces mots, des choses si douces et si fortes que j'en suis retournée. 

Par exemple : 

"Ghislaine Roman est une conteuse, de celles qui donnent à leurs histoires des dimensions universelles."

Voilà ce que je tente de faire, avec acharnement, depuis 20 ans. Le lire me réconforte. Il est si rare et si précieux d'être aussi bien comprise. 

Merci Olivier. Merci tellement.

( pour lire ce merveilleux article, cliquez donc sur l'image ! )




L'amour fou ...






L'amour, toujours l'amour ! 
Cliché ? Oui sans doute. Pour nous qui avons vécu de belles romances, pour nous qui avons tant lu, tant vu d'histoires d'amour.
Les chercheurs nous disent que les enfants de huit ans ont tous (déjà ! ) été exposés à des images pornographiques, alors, parler d'amour me semble une urgence salvatrice ! 
J'ai déjà dit ici que j'aimais bien l'idée que mes histoires tracent des chemins. Pas toujours les mêmes, pas toujours dans les mêmes directions, mais des chemins. L'amour en est un.  Et des plus beaux, même s'il n'est pas sans risque.

Dans cet album, il est question d'amours fous. D'amours qui, bien souvent, finissent mal. Mais après tout, toute vie finit mal, non ? La niaiserie n'est pas au rendez-vous. Si c'est cela que vous souhaitez pour vos enfants, passez votre chemin. Ce n'est pas de cela que traitent ces histoires. Ce ne sont pas des comédies romantiques hollywoodiennes ( même si j'adore en regarder, par temps morose). 
Certaines remontent à la nuit des temps, d'autres sont plus récentes, mais toutes mettent en présence deux êtres dont les destins se nouent l'un à l'autre pour le meilleur et souvent pour le pire. 
Les obstacles sont nombreux et tiennent bien souvent aux conventions, aux projets familiaux, aux traditions. Comme il est difficile d'affirmer ses choix, d'assumer ses amours, de dire non aux uns pour dire oui à cet autre que l'on aime, en qui on rêve de se fondre à jamais. L'eau de rose n'est pas de mise. Il y a une certaine âpreté dans tout cela. Ca crisse, ça râpe, ça résiste. Il faut faire face, il faut lutter, et parfois, mourir. 

Ulysse et Pénélope, Qays et Laylâ, Roméo et Juliette, Paul et Virginie, Roxane et Cyrano, Orihimé et Kengyû, tels sont les amoureux et amoureuses qui vous attendent entre les pages de cet album. Ils sont là, prêts à accueillir les lecteurs, les lectrices pour partager avec eux les moments d'ineffable joie mais aussi de tragique désespoir. Telle est la vie. Ombre et lumière. 
J'ai aimé me laisser emporter par ces imaginaires qui n'étaient pas miens. J'ai épousé des rythmes, des époques, pour donner aux lecteurs et aux lectrices l'envie d'aller à la rencontre des textes sources, de ces auteurs qui, pour certains, ont bercé mon adolescence ( Cyrano , le héros de mes 15 ans!) ou qui furent l'objet d'une découverte actuelle comme Paul et Virginie. La modernité de ce texte m'a frappée. La relation de l'homme à la nature y est décrite avec une acuité étonnante. Ce fut un bien bel exercice d'écriture. 

Que dire des images de Frédéric Clément, si ce n'est qu'elles sont exactement ce qu'il fallait. Douceur et rugosité, lyrisme et simplicité. Son imaginaire a su créer l'atmosphère nécessaire pour que tout cela prenne vie. Magnifique travail. 
Merci Frédéric!
Merci  également à Justine De Lagausie et à Béatrice Decroix pour leur confiance et leur patience. 




et pour feuilleter l'album... 



Les poissons dorés...




Parfois, les textes attendent. 

Ils sont là, au fond de la mémoire de mon ordinateur que je visualise, en bonne gourmande, comme une cave pleine de délicieuses choses, confitures, conserves diverses, fruits secs et bons vins. 

Parfois, ils attendent même longtemps. Ce n'est pas encore le moment. Chaque chose en son temps. Et puis la rencontre a lieu. La rencontre entre le désir d'un éditeur ou d'une éditrice et les mots que j'ai arrangés, brodés, tricottés pour en faire une histoire. 

C'est ce qui s'est passé pour les poissons dorés. J'ai commencé l'écriture de ce texte il y a déjà quelques années, un jour de désespoir en l'humanité. J'avais vu un documentaire sur la grande barrière de corail, sur les conséquences de la surpêche, sur ces énormes bateaux de croisières, stupéfiantes villes flottantes, qui sont de véritables catastrophes écologiques. 

Le texte, au début, était trop ardu. Je voulais trop en dire. Il a fallu du travail pour faire émerger ce qui, pour moi, était l'essentiel du propos de cette fable. Sa morale pourrait être, façon marabout-bout d'ficelle : tout ce qui est rare est cher, tout ce qui est cher crée la folie du profit, la folie du profit provoque un déséquilibre dramatique dont nous ne nous remettrons pas...si nous ne faisons rien pour que les choses changent. 

La fin s'ouvre sur un espoir que j'ai envie de partager avec chaque petit lecteur, avec chaque petite lectrice: il y a des solutions! A nous de nous mettre au travail !

Marjorie Pourchet a réalisé des images incroyables de finesse et de justesse. On a envie de  s'y plonger pour en repérer chaque minuscule détail. Quel voyage, elle nous offre là ! Merci à elle !


Pour découvrir les éditions Akinomé, c'est par ici... 





et pour feuilleter l'album ...







Les rêves d'Ima

 Il y a des thèmes qui nous appartiennent jusqu'au plus profond de l'âme. La peur de la nuit en fait partie. ( "voir notre album " pas déjà!) La peur de nos rêves aussi. Que faire de cette émotion-là, de ces terreurs, de ces angoisses? Les analyser quand on est adulte, les comprendre, en trouver la source, les raisons imbriquées dans notre subconscient. Et aussi...en faire des histoires, nourrir l'imaginaire, enrichir la culture de l'humain. C'est le choix de ma petite Ima, courageuse fillette des bords du lac Titicaca. Enracinée dans sa terre, dans sa famille, dans son peuple, elle comprendra que la peur est moteur, à condition de savoir la dépasser et en faire du beau, du lien, de l'espoir. 

Depuis le temps que des lecteurs ou lectrices me demandent d'où vient mon inspiration... il fallait bien que je m'y frotte, non ? 


Je vous invite à découvrir mon nouvel album publié par Pascale Fontaine, aux éditions Cipango, avec les merveilleuses illustrations de Bertrand Dubois. 








Pas déjà !

 Les années se suivent et ne se ressemblent pas ! 

2020 restera dans nos mémoires pour ce qu'elle nous aura volé: notre légèreté, notre insouciance et par bien des façons, notre liberté ... 

Mais, très égoïstement, je dois dire qu'elle est aussi pour moi, une année exceptionnelle. Imaginez ! Au cours des deniers mois de cette année maudite, quatre de mes textes seront publiés. Deux le sont déjà d'ailleurs. 

D'abord, le troisième volet des aventures des petits personnages que nous avons imaginés, Csil et moi. Après avoir refusé d'aller à la piscine,


puis à l'école





les revoici, butés, boudeurs et effrayés, refusant obstinément d'aller au lit. 




Bien sûr, là encore, le lecteur assiste à un festival de mauvaise foi. Qu'on ne s'y trompe pas: il n'y a là qu'humour et tendresse. On ne juge pas, on ne se moque pas. On accompagne. On encourage, On comprend. 

On sait bien que ça peut faire peur, cette nuit qui nous enveloppe. On l'a tous vécu, cet instant où la lumière s'éteint et où on doit rassembler tout le courage qu'il faudra pour traverser ces heures sombres et inquiétantes. On se sent trop petit pour tout ça. On se dit qu'on n'y arrivera pas. Les adultes nous comprennent-ils, dans ces moments-là ? Rien n'est moins sûr! Ils n'ont plus peur, eux. Ils savent quoi faire. Ils savent comment chasser les monstres et faire surgir l'espoir. 

Mais nous, enfants perdus à l'orée d'une forêt inconnu et terrifiante, nous n'avons que nos larmes et nos appels qui restent souvent sans réponse. Comment faire pour retarder la séparation, repousser la solitude? Je crois qu'il s'agit là d'un de ces lieux merveilleux, au bord de ce gouffre qui menace de nous engloutir, un de ces lieux immémoriaux et humains où l'imagination vient au monde.  Et nous voilà, dans notre petit lit, en train d'inventer des histoires! Un monstre dans l'armoire, un rendez-vous avec une copine, un hibou trop curieux. 

Et si certains contes et légendes étaient nées de là, justement? Ce ce désir de garder l'autre auprès de soi. De retarder le moment fatal où il faudra faire face à la nuit?

Cet album, bien sûr, est destiné aux petits. Mais j'espère que les adultes y verront le doux miroir de toutes les peurs qui les ont fait grandir et devenir meilleurs. 

Quelques mots au sujet des merveilleuses images de ma très chère Csil: douceur, gentillesse, drôlerie et précisions, et tout ça avec une profondeur et une intention si belle que ça me touche au plus profond de l'enfance. 

Nous avons passé de longues heures à échanger. Notre étions d'accord sur presque tout, presque toujours. N'est-ce pas un cadeau, cela? 

Merci aux éditions Frimousse de nous avoir fait confiance une troisième fois ! 

Merci pour ce moment !

Parfois, il y a des moments de découragements: textes qui échappent et vous filent entre les doigts, textes refusés, incompris, mal compris et puis il y a ces moments où chaque chose, chaque effort, chaque mot, chaque histoire prend la place dont on avait rêvé. Et là, passez moi l'expression, c'est le pied !
Ainsi, à l'école Edouard Lacour, à Agen, dans la classe de Nathalie, chaque enfant a pris la peine d'écrire pourquoi il avait avait aimé tel ou tel de mes albums. C'était tendre et joyeux, je dois dire. En voici quelques exemples :














Et puis surtout...




Et enfin, une mention particulière pour Sarah qui semble avoir tout compris des affres de la création...oui, ma douce, il faut des encouragements !!! 




Un livre en bois, je n'avais jamais vu ça !!

A Lectoure, la classe de CE1de Julie m'a fait une surprise de taille : les élèves se sont inspirés de notre "OUF !" pour réaliser un livre en bois. C'est ce que j'adore chez les enseignants. Ils acceptent parfois d'accompagner les enfants dans des projets improbables.
A la question posée par la maîtresse " Avec quoi allons-nous faire notre album ? ", les enfants se sont écriés " Comme Tom Schamp ! On n'a qu'à le faire sur du bois".
Là, Julie aurait pu répondre que bon, ça allait être compliqué, qu'on n'avait pas le temps ou je ne sais quelle autre raison logique et rationnelle. Mais non. Ce n'est pas ce qu'elle a répondu. Elle a dit " Chiche !" .
Elle a cherché du bois, appris a se servir d'une scie sauteuse et voilà...
Nous avons posé le livre au milieux des albums pendant les dédicaces. Beaucoup de familles sont venues admirer cet incroyable ouvrage. Fallait voir la fierté des enfants ! Et l'oeil humide de certains parents.

Je suis heureuse que mon travail, notre travail serve à cela : prendre confiance, repousser les limites et dire ce qu'on a sur le coeur.






Notre cerf-volant vole haut...

Voilà, voilà... notre album " Le cerf-volant de Toshiro" est sélectionné pour le prix des Incorruptibles sur le niveau CE1, pour 2019/2020.
J'ai de bien jolis souvenirs liés à ce prix puisque notre "livre des peut-être" a été lauréat il y a longtemps. Il parait que, chaque année, 16000 livres jeunesse sont publiés en France. Oui, c'est fou. Sans doute beaucoup trop, d'ailleurs. Alors que cet album soit sélectionné est déjà une opportunité incroyable ! Merci donc aux comités de lecture d'avoir aimé notre petit Toshiro et son histoire.

Pour découvrir l'ensemble de la sélection, c'est par ici :





Un joli printemps s'en vient...

Au cours des trois mois qui viennent, je vais avoir le grand plaisir de rencontrer beaucoup de mes jeunes lecteurs et lectrices ainsi que leurs enseignants, les médiathécaires qui les accueillent et souvent aussi, leurs parents.

Voici quelques dates, pour le cas où, vous qui passez par ici, aimeriez venir me voir par là ...

Les 21 et 22 mars : rencontre à l'école d'Octeville-sur-Mer, près du Havre.

Samedi 23 mars,  matin : dédicace avec Bertrand Dubois, à la librairie La Galerne au Havre.

Les 29 mars, 9 et 12 avril : rencontres à la médiathèque de Montcuq, dans le Lot, pour la restitution du travail réalisé avec les classes.

Les 6 et 7 avril : salon du livre d'Albi. (81)



Le 11 mai : fête du livre de Balma. (31)

Les 17, 18 et 19 mai : Les éclats de lire, Le Vigan ( 30)



Les 23, 24  et 25 mai : salon du livre de Lectoure ( 32)

Les 14, 15 et 16 juin : salon du livre de Champcevinel, près de Périgueux ( 24)

A bientôt donc !! 









Je ne m'en lasse pas !

Notre "Livre des peut-être " est paru en ... pff... il y a plus de 10 ans.
Depuis sa parution, il a fait l'objet de réécritures diverses, variés, ratées, magnifiques, drôlissimes, émouvantes ou poétiques. Il y en a eu tant, qu'on pourrait imaginer que bon, ça va comme ça. Mais non. En réalité, je suis chaque fois épatées par les trouvailles des enfants.
Récemment, j'ai aidé des classes lotoises à écrire de nouveaux peut-être et, vous savez quoi ? nous nous sommes bien amusés !
Les phrases sont formidables et les dessins, je n'en parle même pas. Nous en ferons une présentation d'ici quelques semaines à la médiathèque de Montcuq en Quercy Blanc. Les parents sont invités et j'espère qu'ils vont être admiratifs de tout le travail fourni. Bravo les maîtresse, bravo les enfants et grand merci à la médiathécaire, Nathalie Reversat, qui est à l'origine du projet.
Pour vous faire envie, voici quelques extraits....